Comment vivre avec ces ondes qui nous entourent ?

Rien de ce qui compose l’univers n’est étranger aux ondes. Les ondes traversent l’univers et animent de vibrations chaque atome, chaque particule et tout élément matériel : les êtres vivants, la Terre, les galaxies, les trous noirs, chaque objet est animé de vibrations qui lui sont propres, qui participent à ce qui définit sa matière ou son antimatière. Le vide intergalactique (peut-on encore parler de vide ?) est parcouru d’ondes. Le feu est un rayonnement électromagnétique, une onde donc. Les pensées sont des ondes cérébrales, les émotions sont des ondes que nous ressentons dans notre corps physique et qui se transmettent par la vibration spécifique qu’elles dégagent, de même les odeurs, les couleurs, les sons… Tout ce qui peut être perçu par un quelconque de nos sens est perçu comme vibration, de même pour ce que nous ne percevons pas! Tout est onde.

En effet, de manière très contre-intuitive, il est possible d’affirmer que la matière est une onde si l’on observe également que les ondes sont composées de particules (photons pour la lumière, phonons pour le son) : c’est un des principes clefs de la mécanique quantique. Les ondes sont si puissantes et si influentes sur la matière et sur les esprits qu’elles sont depuis toujours utilisées par l’homme pour les faire évoluer voire les transformer.

Des percussions tribales aux complexes arrangements polyphoniques de la musique classique, du rock and roll au rap, des flutes andines aux sonorités gutturales des chants mongols, chacun de ces sons déclenche une émotion. Les ondes émises et reçues sont capables de stimuler notre organisme de manière à agir sur le psychisme et sur l’humeur. Les cérémonies dans toutes les cultures sont accompagnées de chants et de musiques pour les mêmes raisons.

La matière est soumise aux ondes, sonores ou vibratoires, lumineuses, électriques et magnétiques. L’activation des molécules est une voie directe de transformation de la matière. L’application la plus courante dans le cadre ménager étant l’usage des fours à micro-ondes, mais l’industrie utilise de multiples techniques et technologies pour extraire ou dissocier des éléments, pour les transformer, pour produire des systèmes de convection et de communication aussi bien à des échelles nanométriques que dans le lien avec les satellites orbitaux.

Mais commençons par ce qui aujourd’hui pourrait être logiquement le début : d’après la science qu’est-ce qu’une onde ? Comment mesurons-nous une onde ?

Selon Wikipédia, une onde est la propagation d’une perturbation produisant sur son passage une variation réversible des propriétés physiques locales du milieu.

La lumière est produite par la matière sous forme de photons et cette énergie électromagnétique est à la fois onde et particule, merci la physique quantique !

Nous sommes à la fois émetteurs et récepteurs d’ondes, traversés à chaque milliseconde par des milliers d’ondes de diverses longueurs et amplitudes. D’un point de vue physique, on pourrait dire que nous sommes une structure d’ondes baignant dans un univers ondulatoire.

Alors pourquoi certaines ondes nous seraient-elles bénéfiques et d’autres délétères, voire létales ?

S’il est certain que la vie s’est développée depuis quelques milliards d’années dans un environnement d’ondes, célestes et telluriques, il est probable que les fréquences, leurs changements ou apparitions aient pu avoir une incidence sur l’organisation moléculaire des structures qui s’organisaient de manière de plus en plus complexe.

La résonance de Schumann [2] est la fréquence au sein de laquelle baigne tout ce qui vit à la surface de notre planète, cette « respiration » est mesurée en temps réel par de nombreux observatoires, dont celui de la NASA. Ces ondes électromagnétiques de très basses fréquences appartiennent au champ électromagnétique de la Terre, elles se propagent dans la cavité formée entre la surface de la Terre et l’ionosphère. Elles présentent quelques variations, selon des cycles naturels et selon les événements climatiques, autour de 7,83 hertz.

On peut imaginer que notre planète interagit avec l’environnement céleste, que les trajectoires de la Terre et du système solaire, voire de la galaxie ne sont pas non plus étrangères à des évolutions de l’environnement ondulatoire. A noter que dans l’histoire, le Nord magnétique (qui diffère du pôle nord géographique) s’est inversé à plusieurs reprises, selon un cycle d’environ quarante mille ans, et qu’il se déplace depuis quelques années de plusieurs kilomètres par an, causant de vrais problèmes de repérage pour les habitants et explorateurs de cette zone dont les boussoles ne les conduisent plus au Nord habituel [3]. Quels sont, et quels ont été au cours des âges, les effets réels immédiats et à long terme, de ces évolutions plus ou moins soudaines de notre environnement sur nos organismes et sur ceux des diverses formes de vie sur Terre ? Ont-elles participé aux mutations biologiques, aux sauts évolutifs que l’on reconnaît dans les espèces successives qui nous ont précédées ?

Outre les ondes naturelles auxquelles nous sommes soumis depuis l’aube des temps, l’activité humaine récente, les dispositifs technologiques destinés à améliorer nos conditions de vie, de soins, ont multiplié les sources d’ondes et parfois de nuisances, sonores, électriques et électromagnétiques.

Ces ondes artificielles

sont-elles de nature à perturber le métabolisme humain ? Certains d’entre nous sont-ils plus sensibles que d’autres à ces émissions ?

Pour ce qui est des ondes les plus courtes, les lésions physiologiques immédiates et les modifications durables de l’ADN entrainant des maladies et cancers à moyen terme ainsi que anomalies des fœtus à venir sont largement documentées [4].

L’aspect délétère est donc prouvé sans aucun doute possible, les doses maximales de ces ondes par heure, par jour et par an sont répertoriées pour les travailleurs du nucléaire par exemple (5]. Les innovations technologiques qui ont fait irruption dans notre quotidien comme le Wifi, le Bluetooth et autres micro-ondes font apparaître à leur tour des effets lésionnels (6] : cancers du cerveau dus aux téléphones portables et aux dispositifs Bluetooth dont certains travailleurs des centres d’appel sont équipés plusieurs heures par jour, cancers de la fesse chez les ados qui vivent « le mobile dans le poche H24», l’apparition de plus en plus fréquente de personnes qui se disent hyper-électrosensibles, qui recherchent désespérément des zones blanches pour échapper aux rayonnements qui leur provoquent des brûlures, des perturbations mentales, des dérèglements digestifs et de multiples lésions variables d’un individu à l’autre.

Le lancement et le déploiement progressif de la

5G semblent être corrélés à une augmentation des symptômes et du nombre de personnes atteintes, jusqu’à 5% de la population selon le Professeur Belpomme [7]. Notez que vous pouvez paramètrer vos smartphones pour rester en 4G.

À ce jour pourtant rien ne permet d’objectiver le lien entre ces émissions et leurs maux. En effet la diversité des symptômes déclarés et le fait qu’aucun d’entre eux ne soit strictement spécifique aux sensibilités électro-magnétiques laisse planer le doute sur les origines de ces perturbations. Le Professeur Dominique Belpomme, cancérologue depuis plus de 40 ans s’est fait une spécialité de ces cas d’électrohypersensibilité. Il affirme que des tests peuvent mettre en évidence ce lien mais qu’à ce jour ils ne sont pas reconnus, voire tournés en dérision par les autorités médicales. Il a établi que certains de ses patients ne devaient pas être soumis aux ondes et a appuyé leurs demandes de refus du compteur Linky, ce qui lui a valu une plainte portée par l’industriel EDF, doublée d’une demande émise par l’Ordre des Médecins, d’une interdiction d’exercer d’un an au motif que ses diagnostics ne reposaient pas sur des méthodes éprouvées et reconnues.

Pourtant depuis 2011,

plusieurs cas d’électrosensibilité ont été admis au titre de maladie professionnelle devant les tribunaux pouvant faire jurisprudence [8]. L’OMS

(Organisation Mondiale de la Santé) reconnaît à demi-mots l’hypersensibilité aux ondes électromagnétiques dans une définition basée sur trois critères principaux: « la perception par les sujets de symptômes non spécifiques, l’attribution par les sujets eux-mêmes de ces symptômes à une exposition à des champs électromagnétiques et l’absence d’évidences cliniques et biologiques permettant d’expliquer ces symptômes ». En France ce sont aujourd’hui plus de deux cents médecins qui tentent de prendre en charge les patients qui souffrent de ces effets et ils souhaiteraient au-delà de la reconnaissance officielle de cette maladie une formation appropriée pour un meilleur suivi et une réelle prévention médicale.

S’il est certain que les lobbys pèsent et pèseront de tout leur poids pour retarder ou éviter d’être mis en cause, il n’est pas impossible que l’apparition d’une nouvelle technologie disponible et efficace pour les transmissions de grandes quantités de données dématérialisées puisse favoriser la mise en évidence de ces effets pour le moins néfastes. Les pouvoirs publics eux-mêmes, qui se sont engagés à fournir le haut débit à toute la population, n’ont aucun intérêt à ce que la lumière soit faite tant que rien n’est en mesure de remplacer avantageusement l’existant.

L’horizon immédiat du monde des objets et des humains connectés et les milliards qui sont investis dans cette direction ne vont certainement pas plaider en faveur d’un principe de précaution demandé par de nombreuses associations de malades et d’usagers.

Alors comment diagnostiquer, soigner voire prévenir les affres de ces perturbations du système nerveux central ?

Le diagnostic est complexe et repose sur un faisceau d’indices : d’une part des symptômes ponctuels dont des maux de tête, des vertiges, des picotements cutanés voire des sensations de brûlure, associés à des troubles de la mémoire immédiate pouvant conduire à un état de confusion, d’autre part des manifestations chroniques d’insomnie, de fatigue et de dépression. L’évolution de la maladie peut conduire à des syndromes confusionnels majeurs, une atteinte neuropsychiatrique, une forme de démence comparable à la maladie d’Alzheimer.

Si aucun de ces symptômes n’est spécifique de la maladie, c’est leur association qui peut et doit mettre le thérapeute sur la piste de l’hyper-électrosensibilité.

On aura recours à des tests biologiques qui permettront de confirmer cette hypothèse. Il est important de noter que le fait d’isoler le patient de toute forme d’onde électromagnétique, ce qui en soi n’est pas facile à réaliser, permet à son corps de revenir à un fonctionnement normalisé en quelques semaines.

Références

(1 https://astronomes.com/big-bang/dualite-onde-particule/

[2] Du nom du physicien qui l’a décrit dans les années

1950 : Winfried Schumann.

[3] https://www.nationalgeographic.fr/ sciences/2021/08/le-pole-nord-magnetique-se-deplace-plus-rapidement-que-prevu

14. Advisory Committee on Human Radioactive Experiments. (n.d.). How does radiation affect humans?

Georgetown University. / Non-Destructive Testing Resource Center. (n.d.). Cell radiosensitivity.

  1. https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/ detail/ionizing-radiation-and-health-effects
  2. Le National Toxicology Program vient de publier les résultats partiels d’une étude toxicologique menée pendant deux ans et demi sur plusieurs groupes de 90 rats chacun. Les résultats n’ont rien de rassurant : des rats exposés aux radiofréquences de la téléphonie mobile ont développé deux types de cancers, le gliome cérébral et le schwannome cardiaque. À l’opposé, aucun des rats appartenant au groupe témoin (non exposé aux champs électromagnétiques des téléphones portables) n’a développé ce type de cancers. Les chercheurs notent que l’incidence de ces deux cancers augmente avec le niveau de rayonnement reçu par les rongeurs.
  3. Belpomme D, Campagnac C, Irigaray P. Reliable disease biomarkers characterizing and identifying electrohypersensitivity and multiple chemical sensitivity as two etiopathogenic aspects of a unique pathological disorder.

Rev Environ Health. 2015;30(4):251-71. doi: 10.1515/ reveh-2015-0027. PMID: 26613326.

[8] https://www.lemonde.fr/planete/article/2015/08/25/ premiere-reconnaissance-en-justice-d-un-handicap-du-a-l-electrosensibilite_4736299_3244.html

Les explications de l’Agence internationale de l’énergie atomique

« Les rayons cosmiques peuvent être de deux types : galactiques ou solaires. Le rayonnement cosmique galactique émane des restes de supernovas, puissantes explosions se produisant au cours des dernières étapes de la vie d’énormes étoiles, qui deviennent alors des trous noirs ou sont détruites. L’énergie libérée lors de ces explosions accélère des particules chargées, les faisant sortir de notre système solaire et les rendant extrêmement pénétrantes et difficiles à stopper.

En fait, les supernovas se comportent comme de gigantesques accélérateurs de particules naturels. La Terre est constamment exposée à un rayonnement cosmique galactique.

Le rayonnement cosmique solaire est composé de particules chargées émises par le Soleil, qui sont essentiellement des électrons, des protons et des noyaux d’hélium. Une partie de ce rayonnement est émise de façon continue par la couronne du Soleil, c’est pourquoi les scientifiques l’appellent le « vent solaire ».

Le reste résulte de phénomènes liés aux particules solaires – éclatements soudains et sporadiques de particules électriquement chargées s’accompagnant d’émissions électromagnétiques qui se produisent lorsque les champs magnétiques à la surface du Soleil s’étirent et se tordent. Tels des élastiques, les champs magnétiques du Soleil peuvent claquer, libérant de façon soudaine une énorme quantité d’énergie et présentant un risque pour la santé des astronautes dans l’espace. Bien que rares, les fortes éruptions solaires peuvent provoquer les pannes radio et avoir des incidences sur la communication moderne et la technologie de la navigation au sol. »

https://www.iaea.org/fr/newscenter/news/ rayonnement-cosmique-pourquoi-nous-ne-devrions-pas-nous-inquieter

LE  WIFI ?

Qu’en est-il du wifi ?

Le Wi-Fi (Wireless Fidelity) est une technologie qui permet d’établir une connexion sans fil entre plusieurs appareils et avec l’Internet. Ainsi grâce à un système d’ondes radioélectriques vous pouvez faire dialoguer à haut débit vos ordinateurs, vos imprimantes, vos téléphones, consoles de jeu et télévisions entre eux et avec une source Internet.

Seule condition: que chacun de ces équipements dispose d’un dispositif compatible d’émission/ réception des ondes Wi-Fi.

Le Wi-Fi répond à la norme IEEE 802.11 qui définit un ensemble de spécifications de contrôle d’accès au support (MAC) et de couche physique (PHY)

dans les bandes de fréquences 2,4, 3,6, 5 et 60 GHz.

Notons que ces fréquences entrent dans le champ des micro-ondes (de 1GHz à 300GHz).

La norme a su évoluer au cours du temps afin de répondre aux besoins des utilisateurs particuliers et professionnels qui ont massivement adopté ce système sans fil pour favoriser la mobilité et amoindrir les coûts d’équipements filaires des locaux mais également pour améliorer le débit ou la portée des données transmises et offrir une plus grande sécurité.

À noter le protocole IEEE 802.11ad, appelé aussi WiGig qui exploite la bande de fréquence des

60 GHz afin de privilégier un débit maximal (4,6 Gbit/s), lequel se fait au détriment de la portée d’émission (environ 10 mètres).

ET LES SMARTPHONES ?

Télétravail, tablettes à l’école, smartphone dans toutes les mains… Le numérique s’impose dans la vie quotidienne à tous les niveaux de la société. L’homo sapiens prolongé de la technologie digitale mute peu à peu en « homo numericus » (1. Le changement des comportements paraît inévitable tant le numérique devient omniprésent et les impacts du numérique sont désormais visibles et palpables. De même qu’une hygiène alimentaire permet de maintenir un équilibre de santé, de même une hygiène numérique au quotidien permettra de maintenir plus globalement une santé holistique. Connaître les impacts négatifs et les dérives possibles, éduquer et protéger les enfants, porter une attention lucide sur l’utilisation quotidienne des écrans, remettre la technologie à sa juste place d’outil à notre service sont autant de défis pour un usage souverain, responsable, conscient et éthique du numérique. L’hygiène numérique est donc aussi une invitation à adopter une sobriété favorable à la croissance de l’humanité et du Vivant.

Depuis 2007, date à laquelle Apple lance le premier iPhone, on assiste à une véritable révolution numérique. Quinze ans plus tard, ce nouveau type de téléphone intelligent a colonisé toutes les mains.

La même année, Mark Zuckerberg crée Facebook, amorçant la révolution sociale numérique

avec le développement d’un réseau social en ligne. En 2022, Facebook comptait 2,94 milliards d’utilisateurs. Parallèlement, en 2008, Google

poursuit également la quête de l’or digital, en mettant sur le marché son système d’exploitation pour mobile Android. En 2022, Google est sur tous les téléphones… système d’exploitation, moteur de recherche, météo, maps, agenda, vidéos You Tube. Il représente 1530 milliards de dollars de capitalisation boursière. Quelle est la clé du succès de ce téléphone intelligent ? Bien plus qu’un simple téléphone, le smartphone est conçu pour remplir d’autres fonctions et muni d’accessoires clef en main utilisables en toutes situations pour faire face à tous types de problèmes. Une stratégie marketing qui fonctionne à merveille. Couteau suisse numérique, le smartphone c’est : un ordinateur qui tient dans la poche, un téléphone, un réveil, une lampe torche, un agenda, un lecteur de musique et de vidéo, un accès internet, des réseaux sociaux, des boutiques en ligne, un appareil photo, une caméra, une calculatrice, un enregistreur vocal, un GPS, des jeux vidéo, une radio, un miroir… la liste pourrait s’allonger. Le smartphone devient un deuxième cerveau avec 4h45 par jour d’utilisation moyenne). En 2021, les mobinautes ont passé plus de 3,8 trillions d’heures sur leur smartphone. L’usager n’est plus seulement le client, mais le produit dont on capture l’attention: le commerce des données numériques, aussi appelées datas, rapporte des milliards chaque année. Mais quel est l’impact de cette utilisation forcenée sur la santé ? De nouveaux termes voient le jour, comme démence numérique, nomophobie, technostress, cyber harcèlement… Loin d’être virtuels, les impacts sont au contraire bien réels. En 2019, l’OMS a reconnu officiellement comme maladie la dépendance à l’ordinateur et à internet. À quand une prise de conscience semblable pour le smartphone ?

LE TECHNOSTRESS 

Le technostress, aussi appelé stress technologique » se définit comme la somme des stress générés chez une personne par les technologies numériques. Ces sollicitations permanentes ne sont pas anodines pour l’équilibre de la santé. Craig Brod écrivait en 1984 dans son livre Technostress, the human cost of the computer revolution, que le technostress est « une maladie moderne d’adaptation due à l’incapacité à faire face aux nouvelles technologies informatiques d’une manière saine ». Il y a 38 ans déjà, il présentait cinq catégories de technostress :

  • l’invasion de la vie privée,
  • la complexité des apprentissages des outils informatiques,
  • l’insécurité,
  • l’incertitude
  • le surmenage.

Presque 40 ans plus tard, on parle non plus d’invasion mais de disparition de vie privée.

Certaines personnes ont même la sensation qu’ils en perdent le contrôle. Les réseaux sociaux décuplent ce sentiment et deviennent des accélérateurs d’émotions avec une multitude de stimuli: découverte de contenus déplacés et/ou agaçants, comparaison sociale, tensions relationnelles avec guerres de commentaires, harcèlement, humiliation, incertitude, avec l’attente du « like » (bon-point virtuel qui nourrit le système de récompense dopaminergique, rendant ainsi l’usager dépendant de ces gratifications).

L’insécurité touche beaucoup les enfants et adolescents par leur exposition possible à des contenus violents, pornographiques et au harcèlement en ligne. Le web est le terrain de jeu idéal pour la cybercriminalité, qui demeure une effraction dans la sphère personnelle, avec les dommages psychiques et émotionnels qui en découlent, même si celle-ci réside dans un espace virtuel.

Insécurité, dangers, stress multiples des réseaux sont de véritables facteurs de stress chronique.

Il devient difficile de trouver des espaces de vide numérique.

Le système nerveux s’en trouve malmené voire surmené. Incroyable mais vrai, on parle désormais de « burn-out numérique », une nouvelle notion qui a fait son apparition dans le monde du travail. Depuis l’essor du télétravail dû à la crise de la COVID-19, le phénomène se multiplie. Dans les entreprises, nourris par les injonctions envoyées sur les différents canaux de communications (SMS, email, réseaux sociaux, messagerie instantanée, de groupe, outils numériques collaboratifs, appels téléphoniques, réunions sur Zoom, etc.), les risques de saturation des salariés sont alarmants. Qu’il soit technologique ne rend pas le technostress moins physiologique. Comme tout stress, il est soumis à l’adaptation du système nerveux. En phase d’alarme, lors d’un stimulus soudain, l’organisme sécrète de l’adrénaline et commence à puiser dans ses réserves de magnésium. Le stress devient chronique dès la phase dite « de résistance ».

L’organisme sécrète du cortisol, une hormone surrénalienne et le magnésium s’en trouve davantage consommé. Ce stress chronique conduit au burn-in puis au burn-out. Lors du burn-in, le cortisol est élevé. La personne est anxieuse et peut montrer des signes dépressifs, liés à une chute de la sérotonine. Toutefois, elle conserve une énergie et peut même se montrer hyper efficace et hyper-connectée. La route est ouverte à l’épuisement psychique et physique, communément appelé burn-out, avec l’effondrement du taux de cortisol.

L’altération du microbiote par les mécanismes inflammatoires que génèrent ces stress permanents, les déséquilibres acido-basiques liés à une sous-respiration et à une utilisation excessive des réserves minérales mènent à une dégradation de la santé. Catherine Kousmine, en visionnaire, avait anticipé les dérives liées à la détérioration de nos modes d’alimentation. Aujourd’hui, la détérioration de nos capacités adaptatives soumises à des stress constants peut engendrer de multiples dysfonctionnements : dysbiose intestinale (impact sur le système immunitaire, l’assimilation des micronutriments, augmentation des facteurs de risques auto-immuns..), inflammation de bas grade, anxiété, troubles émotionnels et/ou de l’humeur, état dépressif, troubles du sommeil par l’antagonisme du cortisol et de la mélatonine, dérèglements hormonaux, troubles du comportement alimentaire, troubles dermatologiques, fatigue… Adopter une hygiène numérique et réduire le technostress nécessitent d’être attentif à l’utilisation du smartphone et de mettre en place de petites actions limitant les stress :

  • « Élaguer » son smartphone : les multiples connexions qui partent d’un smartphone sont comme les branches d’un arbre. Élaguer son smartphone – c’est-à-dire le dépouiller de contenus et d’applications superflus – est un moyen de réduire les sollicitations. Applications, messageries en ligne multiples, réseaux sociaux peuvent faire régulièrement l’objet d’un grand ménage de printemps. Avec un smartphone allégé, l’indispensable est conservé, ce qui dégage de la place, ramène de la clarté et libère de l’inutile et du néfaste.
  • Poser des limites numériques : le smartphone est comme une fenêtre ouverte. Cette fenêtre est une magnifique opportunité de voyage dans un monde sans limites, cependant, c’est également la possibilité pour « des personnes et des contenus» de rentrer dans l’espace d’intimité à tout instant.

Poser des limites dans le monde digital permet de se déconnecter pour savourer et protéger les moments spéciaux (rencontre, repas, balade, contemplation…) ou les temps de repos.

  • Choisir sa consommation: rester en permanence sous « perfusion », avec des notifications et signaux sonores continuels, devient intrusif. Visiter le fil d’actualité d’un réseau est un loisir dont on peut définir les contours, avec un temps défini d’utilisation, et en paramétrant les comptes, pour supprimer les notifications incessantes.
  • Choisir les contenus : choisir ce que l’on regarde est comme choisir sa nourriture. Dans le numérique aussi, la malbouffe existe : violence, mort, viols, vidéos aliénantes… L’eau, les cellules, mais aussi les bactéries de notre organisme sont sensibles à leur environnement et à l’information qui les traverse. L’hygiène numérique réside ici dans la qualité de ce que les yeux voient pour sortir de la consommation boulimique lobotomisante et aller vers une consommation consciente.

Face à un technostress quotidien, il est important de penser à une supplémentation en magnésium pour combler la carence (magnésium, B6, taurine, de 300 à 800 mg / jour).

La nomophobie, tous addicts ?

Le terme « nomophobie », NO MObile PHOne PhoBIA, est utilisé pour décrire l’état psychologique des personnes qui ont peur d’être détachées de leur téléphone et de sa connectivité.

De plus en plus, les professionnels de santé parlent de dépendance extrême, qui se caractérise comme une addiction sans substance. Panne de batterie, perte ou vol, téléphone cassé, absence de réseau…, l’usager présente alors les symptômes suivants : anxiété, altérations respiratoires, tremblements, transpiration, agitation, désorientation, tachycardie, irritabilité. 60% de la population serait nomophobe. Tout comme le smartphone est un outil aux multiples usages, la nomophobie est une addiction à multiples facettes. Se passer de l’outil devient vite très compliqué par la diversité des pratiques quotidiennes et leurs liens étroits : internet, réseaux sociaux, jeux vidéo, fonctionnalités du quotidien… Désormais, la connexion numérique et ses usages sont rentrés dans les mœurs. Les recherches Google sont le nouveau réflexe au moindre questionnement.

La carte papier est devenue quasi obsolète.

Enchaînements de vidéos, actualités, forums…

l’errance numérique est une nouvelle activité de loisir. En 2021, la multitude des jeux vidéo disponibles sur smartphone, devenu l’outil favori pour cette activité ludique, a rapporté 82 milliards d’euros [2], plus que sur PC et consoles. Le support mobile rend possible une consommation nomade, à tous les instants, mais complique sa régulation.

« En juin 2018, l’Organisation Mondiale de la Santé a reconnu comme maladie de l’addiction le trouble du jeu vidéo » (Inserm-2018). Par ailleurs, l’utilisateur de smartphone s’est aussi souvent défait de nombreux objets tels que réveil, montre, calculatrice, appareil photo, agenda, calendrier, pour ne citer que les plus courants au quotidien. Or, ce simple fait le rend totalement et indissociablement lié à son smartphone et donc disons-le… dépendant.

Parler d’addiction, c’est prêter attention aux neurotransmetteurs, notamment la dopamine.

Celle-ci est le neuromédiateur qui active plaisir, motivation, exploration et vigilance dans le système nerveux. Une carence de dopamine conduit à l’apathie, à la démotivation et aux addictions.

La dynamique Kousmine, dans une approche préventive et curative, demeure un pilier pour prévenir les carences qui conduisent à des comportements déviants.

Les micronutriments essentiels à un bon fonctionnement dopaminergique sont le fer, le magnésium, le zinc et les vitamines du groupe B notamment. Une alimentation variée et de bonne qualité nutritionnelle sera toujours au service de la santé holistique. Des apports protéinés le matin favorisent la production de dopamine car celle-ci est synthétisée par des cellules nerveuses depuis l’acide aminé tyrosine ou depuis la phénylalanine, qui se convertit en tyrosine (sous l’action de la phénylalanine hydroxylase), Les concepteurs de réseaux sociaux ont créé des algorithmes ayant un impact sur le système de récompense dopaminergique. Ce circuit permet à l’individu de repérer les actions qui sont intéressantes et plaisantes pour lui, actions qu’il répétera et renforcera pour retrouver l’information du plaisir connu. Le docteur Kardaras, psychologue et spécialiste en addictologie, utilise le terme d’« héroïne numérique ». Certains des fondateurs de réseaux commencent à se repentir comme

Chamath Palihatitiya, ancien vice-président de Facebook, qui dans une interview, n’hésite pas à dire que les mécanismes des réseaux sociaux basés sur la dopamine sont en train de détruire la société. Les architectes du monde numérique envoient d’ailleurs leurs enfants dans des écoles anthroposophiques sans écrans.

L’attention volée rapporte des milliards et toute une génération est en voie d’habituation à une consommation déviante. À tout âge, il est difficile d’échapper à ces rouages bien ficelés. La peur de rater quelque chose, désignée en anglais par l’acronyme FOMO, « fear of missing out », met à jour une nouvelle vulnérabilité. Cette peur existe également dans la vie réelle, cependant elle a été exacerbée par le phénomène des réseaux sociaux. 56% des utilisateurs de Facebook auraient une FOMO (Spitzer-2019). L’addiction de bas bruit au smartphone se distille petit à petit dans notre société. L’addiction devient la norme. Les enfants sont exposés à des mécanismes puissants auxquels même les adultes peinent à résister.

Tout comme le tabac ou l’alcool qui ont été intégrés dans la vie quotidienne sans le moindre discernement pour ensuite faire l’objet de prises de conscience et de campagnes de santé publique, le smartphone fera peut-être l’objet d’une remise en question. Cependant il est d’ores et déjà possible de privilégier une hygiène en s’octroyant des temps de déshabituation et de détoxification du circuit dopaminergique de façon régulière. Le « jeûne numérique » sera sûrement une nouvelle notion à associer aux séjours de jeûne, ce qui permettra le nettoyage des circuits nerveux de l’addiction latente au smartphone. Cependant, avec une hygiène numérique du quotidien, il est déjà possible de mettre en place des temps de déconnexion réguliers : nuit, temps de repas, moments de convivialité, congé hebdomadaire…

Prévenir l’entourage des temps de déconnexion évitera l’inquiétude des proches et facilitera la reconnexion à l’instant présent. La mise en place d’un carnet tenu de façon régulière permettra de nourrir le système dopaminergique mais aussi de noter avantages, difficultés, progression, ressentis, compulsions alimentaires, humeurs, sommeil, niveau de stress, remarques… Réveil, appareil photo, carte papier, livre… voire éventuellement téléphone simple sans connexion internet, la « low technology» a de l’avenir… tout comme la reconnexion à la nature. Être en contact avec la nature a prouvé son efficacité et ses bénéfices sur la santé, notamment sur la réduction du stress ou l’amélioration du fonctionnement immunitaire.

Simple balade, marche d’approche sportive suivie d’un moment de contemplation, détente sur un banc dans un parc… chacun peut trouver une approche à sa portée pour bénéficier des bienfaits, gratuits et universels, de la nature.

Les co-facteurs pour la production des neurotransmetteurs

Fer : métabolisme des neurotransmetteurs, potentialisateur des récepteurs à Dopamine, équilibre Omega 3 et 6.

Iode : fonctionnement cérébral et production des hormones thyroïdiennes.

Vitamines du groupe B : synthèse des neurotransmetteurs, méthylation de la mélatonine.

Vitamine B3 : détoxification hépatique. Utilise le tryptophane si le foie en a besoin.

Vitamine C: synthèse des neurotransmetteurs, cofacteur de la dopamine.

Vitamine D : co-facteur, métabolisme du magnésium.

Magnésium : co-facteur de la synthèse des neurotransmetteurs, stockage, libération et expression des récepteurs.

Zinc : co-facteur de la dopamine.

Acide gras polyinsaturé AGPI : fluidité membranaire, communication cellulaire.

Smartphone et inflammation

L’inflammation peut être aigue ou chronique.

Dans l’inflammation aiguë, les signes et les symptômes apparaissent rapidement sous l’action des neutrophiles et persistent quelques jours à quelques semaines. L’inflammation chronique ou inflammation de bas-grade présente des symptômes qui se développent progressivement et peuvent persister plusieurs mois à plusieurs années sous l’action des monocytes ou des macrophages. L’arthrite rhumatoïde, les MICI sont des exemples de maladies découlant directement d’une inflammation chronique. Le smartphone est source d’inflammation (technostress, posture, ondes électromagnétiques). Le technostress chronique a un impact néfaste sur le microbiote.

En augmentant l’expression de récepteurs aux microorganismes (TLR) au sein de la muqueuse intestinale, il favorise la hausse des immunoglobulines dirigées contre le microbiote et accroît les facteurs inflammatoires dans le sang. La santé intestinale, pilier de la dynamique Kousmine avec l’équilibre de la flore nécessite désormais une hygiène numérique de gestion du technostress. La posture « smartphonienne », source de cervicalgie commune aussi appelée « teck-neck », génère également une inflammation chronique. La tête de l’utilisateur inclinée à 60° augmente le poids de celle-ci qui pèse alors l’équivalent de 27kg. La sous-respiration liée à cette position induit un dysfonctionnement du nerf vague en envoyant une information, en langage du corps, de danger, de menace, ou de peur, mais aussi un déséquilibre acido-basique. À la posture fléchie, s’ajoute la crispation des mains sur le téléphone. Comparer la respiration en posture redressée, points relâchés, avec celle en position nuque penchée, points crispés, permet de constater la différence de respiration. En plus d’être le chef d’orchestre de l’organisme, le nerf vague a des propriétés anti-inflammatoires via l’axe corticotrope ou par la libération d’acétylcholine qui inhibe la production de tnf par les macrophages. Le simple fait de regarder son téléphone n’est donc pas anodin.

Difficile d’évoquer l’inflammation sans évoquer les ondes électromagnétiques. Avant même d’avoir allumé un smartphone, toute personne est exposée à une quantité d’ondes qu’elle ne peut maîtriser et dans des quantités très variables selon son lieu de vie. Il est possible de faire un point sur les antennes présentes sur le site cartoradio.fr.

L’association Robin des toits, qui mène depuis plusieurs années des batailles et campagnes de sensibilisation pour la sécurité sanitaire dans les technologies sans fil évoque les toxicités et agressions physiologiques : perte d’étanchéité de la barrière hémato-encéphalique, perturbation de la production de mélatonine et d’acétylcholine, déstabilisation des régulations membranaires.

Les professeurs Belpomme et Iriguaray [3], à la suite de leurs récentes recherches, réfutent l’hypothèse d’un effet nocebo. Ils démontrent dans leur étude l’existence avérée d’un lien entre l’exposition aux ondes, que ce soit chez les électro sensibles ou les sujets sains, avec des changements physiopathologiques et des effets sur la santé, et notamment une neuro-inflammation. Ils ont donc lancé un appel aux gouvernements et aux institutions internationales de santé, notamment lOMS, pour que soit reconnue l’électro sensibilité comme une réelle pathologie, afin d’en comprendre les causes et les conséquences.

Adopter une hygiène des ondes permet de réduire notre exposition à celles-ci : choisir un téléphone parmi ceux ayant un DAS (débit d’absorption spécifique) de faible intensité, éviter de porter le smartphone sur une zone sensible (dans des poches, proche du cœur, des aisselles, ou des parties génitales), couper le partage des données, wifi, Bluetooth, téléphoner lorsque le réseau est bon, téléphoner en haut-parleur, ne pas téléphoner en voiture qui est une « cage de Faraday », éloigner le smartphone durant la nuit et l’éteindre, s’éloigner des jeunes enfants pour téléphoner. La présence d’éléments métalliques en contact régulier avec le corps favorise l’impact des ondes : amalgames et implants dentaires, prothèses métalliques, lunettes, bijoux, étiquettes des vêtements… Marcher pieds nus permet de se décharger en se rebranchant à la terre avec les points d’appui naturels, sur le même principe qu’une prise de terre pour l’électricité. Cette pratique, aussi appelée « hearthing » est bénéfique pour réduire l’inflammation.

Syndrome de surexposition aux écrans: protéger les jeunes enfants

Le syndrome de surexposition aux écrans est une nouvelle pathologie dont les symptômes rappellent ceux du Troubles du Spectre Autistique : troubles massifs de la communication, retard de langage, troubles des relations sociales, fuite du regard, utilisation inadaptée et pauvre des objets. En 2017, des professionnels de santé, constatant dans leur pratique de terrain, les ravages d’une exposition précoce aux écrans ont créé le collectif COSE, Collectif Surexposition Écrans, pour informer et prévenir les risques d’une surexposition. Entre o et 3 ans, en captant son attention, l’écran prive l’enfant de temps d’apprentissages fondamentaux pour l’acquisition de compétences fondamentales dans son développement moteur et cognitif. Avec des applications « adaptées », vendues comme éducatives et positives pour le développement du jeune enfant, les parents sont rassurés. Pour certains, il n’est même plus possible de vivre sans ce doudou moderne, cette nounou digitale qui a su se rendre indispensable pour dormir, manger, s’occuper, provoquant de fortes crises émotionnelles en cas de refus. Le toucher de l’écran n’amène hélas aucune expérience sensorielle réellement tactile et ne génère ni pensée spatiale, ni créativité pour l’enfant. L’exposition indirecte, faites de coups d’œil répétés sur un smartphone, a aussi un impact délétère sur l’attention en interrompant la découverte de l’enfant. Lorsque l’enfant est exposé de façon directe ou indirecte à un smartphone, la voie de l’attention réflexe est sur-stimulée de façon non volontaire, et cela, au détriment de l’attention volontaire, indispensable au développement d’un langage de bonne qualité et des compétences grapho-motrices ou d’une utilisation correcte des objets. Pour nourrir l’éveil du jeune enfant, il est indispensable de lui offrir de nombreuses interactions, adaptées à son âge, avec le réel, les individus et le monde. Chez l’enfant surexposé aux écrans, on constate un déficit vidéo, aussi appelé déficit de transfert. Une situation vécue par écran interposé ne permet aucun enseignement de l’expérience. Le tout-petit ne peut reproduire l’événement dans la réalité à défaut de compréhension des lois physiques.

Le lien visuel et sonore qui s’établit avec le parent ou un autre adulte est un autre facteur de développement harmonieux et sécurisant, qui permet d’ouvrir à la curiosité et au monde avec des regards, sourires ou l’intonation de la voix. Dans le cas des enfants surexposés et soumis à des visages impassibles, on constate un défaut d’accordage émotionnel et un repli sur soi. L’adulte, hypnotisé par son écran, ne partage aucune émotion. Le docteur Edward Tronick a conduit en 1964 des expériences sur le visage impassible lors de recherches sur les compétences relationnelles du bébé. Cette impassibilité faciale provoque stress et inquiétude. Les jeunes enfants entre o et 3 ans ne doivent pas être exposés au smartphone, que ce soit de façon directe ou indirecte. Les habitudes de consommation réflexe trop vite adoptées doivent changer au profit d’une consommation saine pour les plus petits.

Éduquer : la parentalité numérique

Lors de la première utilisation d’un smartphone… l’enfant prend plaisir à utiliser cet objet ludique et attirant (phase d’induction). Le smartphone répond à un besoin spécifique (occupation face à l’ennui, curiosité…). Le circuit de la dopamine est activé. L’enfant sent un mieux-être, un sentiment agréable qui lui amène à avoir envie de renouveler l’expérience. Depuis la phase dite d’apprentissage au cours de laquelle il va faire connaissance avec les effets désirables et indésirables de l’objet de son attraction jusqu’à la phase de pérennisation, il modifie ses systèmes de neurotransmission et de gestion émotionnelle. Son seuil de satisfaction devient de plus en plus élevé. Il tente de s’émanciper (lutte) mais il se retrouve souvent face à des échecs qui le mènent à l’acceptation. Le besoin de consommer s’inscrit au plus profond de ses cellules nerveuses et structures cérébrales.

Il peut devenir agressif si on le prive. Les phases décrites sont les étapes menant à l’addiction, qui découle de ce hold-up attentionnel. Aucune génération n’a encore été éduquée à éduquer ses enfants dans l’espace numérique. Nous sommes face à un vide, une absence de transmission.

Pour Michel Desmurget, neuroscientifique, les enfants de moins de 6 ans ne devraient être exposés à aucun écran. À partir de 7 ans, le temps consacré à l’activité numérique ne doit idéalement pas dépasser 30 minutes par jour. La consommation totale hebdomadaire n’excèdera pas 3 h 30, possiblement cumulées. Ce cadre de sécurité permet de limiter les impacts néfastes des écrans avérés dès une heure de consommation quotidienne. L’adulte demeure le garant de l’hygiène numérique au foyer. Dans le cadre d’une parentalité numérique, il peut mettre en place un cadre commun : temps spécifique et limité pour l’utilisation du smartphone, déconnexion lors des temps de repas, arrêt du smartphone à l’approche du coucher, usages sans smartphone (utiliser une carte et non un GPS par exemple) …

L’enfant ne doit pas être seul sur un smartphone connecté sans contrôle parental. Le parent doit rester vigilant aux contenus, vidéos, type de jeux, et à la possible apparition de contenus choquants via des fenêtres publicitaires. Nombreux sont les enfants qui sont exposés très tôt à des contenus violents ou pornographiques. Les professionnels de santé constatent les dégâts de ces expositions : cauchemars, phobies, anxiété, stress… Dès 7 ans, le parent qui permet à son enfant l’accès au smartphone peut éduquer à l’autorégulation en prévoyant un moment joyeux pour accompagner l’enfant vers la sortie de l’expérience virtuelle.

Parler de parentalité numérique, c’est aussi savoir porter attention à la réalité de ce que vit l’enfant. Nombreux sont les enfants qui vivent des journées stressantes, pris dans une course effrénée entre école, transports, activités périscolaires, obligations médicales, devoirs… des rythmes épuisants qui les mènent le soir venu droit sur leur écran. Notre société « moderne » est loin de respecter les rythmes biologiques et besoins holistiques des enfants et adolescents.

NOS ADOS 

Adolescence : de l’émotionnel bien réel

Le terme « adolescent » du latin adolescens signifie « en train de grandir ». L’entrée au collège, à Il ans rime désormais avec premier smartphone.

Plus qu’un outil de communication, il devient le rassemblement identitaire de toute une génération.

L’ado possède un outil qui lui offre de nouvelles possibilités, comme un prolongement de lui-même. La recherche de popularité a toujours eu une place prépondérante dans la construction de soi à l’adolescence et dans l’intégration au groupe.

Les réseaux sociaux deviennent l’endroit privilégié où le jeune fait virtuellement la démonstration de qui il est. Norme ou conformisme, la question du smartphone rentre dans les sphères de la psychologie sociale, et pour cause, il vient remodeler le paysage social. Les parents sont chahutés entre l’envie de protéger et la pression sociale qui laisse penser qu’on n’arrête pas le progrès et qu’il faut vivre avec son temps. Pourtant, l’i-génération est beaucoup plus exposée au niveau mental et émotionnel que les précédentes générations. Tout va vite, et un clic suffit parfois à déclencher un raz de marée émotionnel.

L’adolescent peut voir sa vie devenir un enfer à cause d’une simple publication. Parfois, les jeunes ne comprennent pas la portée d’un cyber-acte.

Messages à répétition, guerre de commentaires, acharnement d’un groupe sur une personne, photo humiliante, commentaire moqueur, sexting et la vie d’un autre jeune peut basculer, parfois jusqu’au suicide. Pour les victimes de ces actes, il peut être difficile d’en parler. Dans ce monde où ils apprennent à travestir la réalité, à ne publier que du positif, du cool, difficile de s’exprimer quand tout déraille. La communication s’est parfois dégradée avec les parents au sujet du smartphone.

Il devient alors difficile de parler d’un harcèlement numérique dont on serait la victime. L’association de protection de l’enfance e-Enfance met à disposition des victimes de violences numériques et de leurs parents le 3018, un numéro gratuit, anonyme et confidentiel (https://e-enfance.org/).

Images et vidéos violentes ou pornographiques provoquent aussi des dégâts dans le psychisme des adolescents en construction. La comparaison et le culte de l’image font des ravages sur l’estime de soi. La vie est mise en scène pour donner l’illusion d’une vie considérée comme cool. L’absence de « like » peut plonger dans un profond désarroi quand d’autres affiches jack pot au compteur et, inversement, un grand nombre d’« amis » sur les réseaux n’empêche pas de se sentir seul.

La relation familiale a parfois souffert de cette mutation digito-sociale. Des outils comme la CNV, Communication Non Violente, créée par Marshall Rosenberg peuvent aider à restaurer l’écoute et le dialogue au sein de la famille. La CNV offre une réelle possibilité de connaissance de soi.

L’adolescent, comme le parent, peut y trouver de véritables ressources de connaissance de lui-même. Les adolescents d’aujourd’hui seront les adultes de demain. Cette génération aura traversé comme une pionnière ce début d’ère numérique…tout comme les parents de ces enfants.

Progrès : la grande illusion

Présenté et vendu comme un progrès, voire comme un droit, l’accès au numérique gagne du terrain. Pourtant, il semblerait que cette révolution ne soit qu’à ses prémices. Les marionnettistes du numérique ont en effet des projets bien plus ambitieux avec le métaverse, nouveau monde virtuel et version future d’internet. Grâce au métaverse, l’usager pourra voyager sans bouger de chez lui, avoir des supers pouvoirs… Son avatar aura bien sûr un corps désirable et d’une apparente perfection. Nous vivons le plus grand tour de passe-passe de l’histoire : l’illusion d’un progrès. La notion de progrès technologique est portant obsolète au vu des désastres et ravages qu’il provoque dans le monde. L’exploitation humaine liée à la fabrication d’un smartphone est tout sauf éthique et équitable: conditions, rémunération, travail des enfants… Coltan, tantale, lithium, terres rares : des noms peu évocateurs pour la plupart des usagers. Permettant la grande conductibilité des écrans tactiles et la fabrication de microprocesseurs ou batteries, ces minerais rares sont indispensables à nos technologies mais responsables de violences inhumaines.

En République Démocratique du Congo, viols, morts et génocides, travail d’enfants dans les mines sont le lourd prix de notre usage aveugle des smartphones.

L’impact environnemental

est énorme et la révolution verte a les mains sales. La Chine est leader sur le marché des terres rares. L’extraction de ces métaux, au raffinage extrêmement polluant, a été boudée des Occidentaux. Au nom de la transition écologique et du progrès, la production comme la pollution ont été délocalisées vers des pays comme la Chine.

Notre ignorance arrange les enjeux financiers et nourrit l’illusion. Depuis 5000 ans, l’humain ne dématérialise rien, il matérialise autrement.

Pour réaliser un smartphone, il faut plus de soixante-dix métaux, ce qui rend l’idée même de dématérialisation fausse et erronée. Guillaume Pitron retrace « le trajet d’un like » : infrastructures titanesques, énormes Datacenter, câbles sous-marins et 34 milliards d’équipements: « Plus c’est immatériel, plus c’est matériel » explique-t-il. Là est le tour de maître des industriels du numérique.

Envoyer un e-mail avec une pièce jointe consomme l’équivalent d’une ampoule allumée 30 minutes.

Internet consomme l’équivalent de 82 millions de radiateurs électriques allumés en permanence, 2178 milliards de litres d’eau et ses émissions de gaz à effet de serre sont 50% plus importantes que celles des avions ou de 16 millions de tours du monde en voiture. Aucune campagne de prévention quant à la consommation énergétique numérique n’est pourtant menée à ce jour.

L’illusion réside également dans l’exploitation d’une multitude de travailleurs du « clic », recrutés, notamment en Afrique, où les salaires sont très bas. Ces plateformes travaillent dans l’ombre pour nourrir les algorithmes et servent à la gestion des réseaux sociaux (modérateurs). C’est une nouvelle forme d’esclavagisme moderne qui s’installe avec la révolution numérique. Pour l’usager, l’illusion de la magie internet est parfaite…

Sobriété numérique: un chemin vers l’essentiel

Le retour à l’équilibre nécessite des prises de conscience pour faire des choix qui nous rendent souverains et non victimes. Ils coûtent parfois un confort, une facilité, mais tel est le prix de la cohérence qui mène à l’équilibre et vers une consommation éthique et équitable. Le progrès n’a d’autre choix que d’être un pas en avant vers plus d’humanité. Chacun est maître de sa responsabilité individuelle, même au sein d’une responsabilité collective. Il existe des chemins orientés vers une consommation vertueuse : smartphones issus du commerce équitable, réparation et réutilisation des appareils, moteurs de recherche éthiques et solidaires, messageries sécurisées pour une intimité numérique, réseaux sociaux solidaires et éthiques sans manipulation mentale, système d’exploitation libre. Chaque choix engage la dignité. Boycotter certaines multinationales est une manière non violente de choisir le monde de demain. Ce n’est pas parce que c’est gratuit en apparence, qu’on doit le consommer. Le consommateur peut devenir un consomm’acteur.

Le chemin de la sobriété numérique est celui qui ramène à l’Essentiel. Chaque être humain, animal, plante, arbre, uniques et pourtant composés des mêmes cellules, nourrissent le grand cycle de la Vie. Ce voyage dans l’infiniment petit nous emmène dans l’infiniment grand où tous, nous sommes interdépendants et interconnectés dans la grande trame du Vivant. La nature enseigne l’Essentiel tel un guide, une amie bienveillante.

L’état de présence permet de percevoir ses enseignements. Déconnecter le smartphone, c’est s’ouvrir à un état d’être réceptif qui permet le présent.

L’instant présent a de l’avenir

Concerts, moments entre amis, promenades en nature… l’immortalisation de l’instant par une photo ou une vidéo devient un réflexe et parfois un besoin. Ces photos ou vidéos, stockées au creux de la main, dans le sacrosaint smartphone ou postées sur les réseaux font vivre l’instant au-delà de l’espace et du temps. La toile devient un journal intime à ciel ouvert. Pourtant, l’essence même d’un instant réside dans la pleine présence, cet état qui nous connecte au cœur, à l’être et à l’autre.

L’instant présent nous entraîne dans la danse de la vie, dans l’émotion, dans la contemplation, dans le calme d’un silence. Il nous met face à ce qui est.

Redonner son pouvoir à l’instant présent, c’est le rendre à l’éternité qui est sienne. Réapprendre à voir avec les yeux, c’est ôter son apparent pouvoir au smartphone car il n’arrête ni le temps, ni la mort.

Tel un geôlier, il maintient les chaînes virtuelles de nos peurs de l’ennui, de la solitude et de l’inconnu.

Pourtant ces espaces de vide sont des pages vierges sur lesquelles le champ de nos possibles déploie ses ailes, l’espace de « rien » pour se ressourcer.

Elles sont des invitations à juste… vivre l’instant présent comme un cadeau. Désormais, il suffit de presser le petit bouton OFF sur un tout petit objet pour aller à sa rencontre. Le contraste est tel qu’il nous saisit parfois. Et nous voilà, humain, nu, prêt à écouter la beauté de l’instant pour Etre et laisser être.

Conclusion

Adopter une consommation consciente et saine, éduquer et protéger les enfants, choisir une voie d’évolution éthique pour l’humanité et le Vivant. Il semble que nous soyons à un tournant décisif de notre histoire. L’Humain s’engouffre sans réserve ni discernement dans une voie vers le transhumanisme et la déstructuration de toute une civilisation. L’autre voie est celle de la résilience et de la sobriété. Il n’y a pas de petits pas.

Chaque acte, choix, graine plantée vient nourrir ou desservir l’héritage laissé aux générations à venir. Les puissants algorithmes tentent de piéger l’humanité en utilisant à ses dépens ses fonctionnements neuronaux.

Et pourtant, un simple sourire ou un regard sont capables d’activer les mécanismes dopaminergiques. Les mécanismes du rire activent les endorphines, augmentent le taux de sérotonine et la production d’ocytocine, hormone du lien et de l’attachement.

La nature offre ses bienfaits gratuitement. Le smartphone ne vient que révéler le besoin profond de tout une société: être et être en lien. Tel est son cadeau, le message caché derrière l’écran…

Références

  1. Michel Desmurget, La fabrique du crétin digital, 2019
  2. phonandroid.com
  3. Belpomme D, Irigaray P. Why electrohypersensitivity and related symptoms are caused by non-ionizing man-made electromagnetic fields: An overview and medical assessment. Environ Res. 2022 Sep;212(Pt A):113374. doi:
  4. 10.1016/j.envres.2022.113374. Epub 2022 May 7. PMID:

35537497.

Pour aller plus loin…

Dr Ducanda Anne-Lise, Les tout-petits face aux écrans, comment les protéger, Éditions du Rocher, 2021.

Duflo Sabine, Quand les écrans deviennent neurotoxiques, Marabout, 2018.

Desmurget Michel, La Fabrique du crétin digital,

Seuil, 2019.

Spitzer Manfred, Les Ravages des écrans, les pathologies à l’ère numérique, L’Échappée, 2019.

Pitron Guillaume, L’Enfer numérique. Voyage au bout d’un like, Les Liens qui libèrent, 2021.

Mira Pons Michèle, De l’autre côté du net, Actes Sud Jeunesse, 2021.

Vanhamme Jean, Simon Christophe, Kivu, Le Lombard, 2018 (BD).